Saint-Etienne fait bloc contre la douleur 03/03/2009
| Depuis 18 mois, la Fondation Apicil finance un programme novateur dans la prise en charge des douleurs chroniques. Aujourd'hui l'expérience se poursuit et donne lieu à un premier bilan très positif. |
Il y a un an et demi, la Fondation Apicil remettait un chèque de 100 000 euros au Centre de la douleur du CHU de Saint-Etenne. Cette somme, renouvelée chaque année pendant trois ans, a permis de financer un programme très novateur de lutte contre la douleur.
Sous l'impulsion du docteur Malou Navez, responsable du Centre stéphanois de la douleur, des groupes de patients ont été constitués en fonction notamment de leurs pathologies : fibromyalgie, cervicalgie, douleurs du rachis,... et plus récemment polyarthrite rhumatoïde.
Une initiative unique et novatrice
Huit groupes de dix patients, pendant trois à six mois, fonctionnent en continu depuis la mise en place de la démarche en juillet 2007. L'équipe du Centre de la douleur, en lien avec l'association Comète qui aide à la réinsertion socio-professionnelle, s'est mobilisée autour de cette nouvelle forme de prise en charge de la douleur.
Tous les patients du Centre de la douleur ne participent pas à l'expérience. Seuls les patients qui le souhaitent peuvent intégrer un groupe. En outre, ils doivent souffrir de douleurs chroniques rebelles, souvent résistantes aux antalgiques, et ayant un fort retentissement psychologique, voire social, sur leur vie. En effet, le patient douloureux est bien souvent enfermé dans sa douleur qui envahit non seulement son corps mais occupe également son psychisme.
L'effet groupe
L'objectif de ces groupes et des différentes approches développées* est de dépasser cet isolement et d'aider le patient à trouver en lui les ressources, autres que médicamenteuses, pour mieux contrôler la douleur. L'effet groupe est très dynamisant car ce qui marche pour l'un est un encouragement pour les autres.
L'équipe pluridisciplinaire (psychologue, kinésithérapeute, ergonome, psychologue, psychiatre, neurologue, sophrologue, assistante sociale, infirmières,...) qui encadre les groupes apporte au patient des méthodes qui sont applicables dans son quotidien et l'aident à devenir autonome. Les résultats sont très encourageants et les patients satisfaits. L'équipe a par exemple constaté une rupture de l'isolement avec une reprise du lien social dans la plupart des groupes. De même beaucoup de patients ont retrouvé une activité physique et certains ont repris une activité professionnelle.
Vers une autre prise en charge de la douleur
Une patiente de 42 ans, souffrant de violentes douleurs à la suite de plusieurs entorses, explique ainsi que sa douleur disparait après chaque séance de relaxation. Cette méthode lui permet de se sentir mieux tout en maîtrisant la douleur et donc la prise de médicaments. Grâce à la relation de confiance développée avec l'équipe, elle affirme pouvoir aujourd'hui faire des projets.
« L'enjeu est important, confie le professeur Bernard Laurent, chef du service de Neurologie et médecin responsable du pôle NOL (Neurologie Loco Moteur), car il s'agit d'un changement culturel visant à prouver l'intérêt d'une autre prise en charge non médicale !».
La Fondation Apicil espère également que l'expérience du Centre stéphanois de la douleur pourra être dupliquée dans d'autres établissements de santé et pourquoi pas intégrer d'autres pathologies.
*Méthodes développées dans les groupes : relaxation, sophrologie, psychomotricité, photo-langage, groupes de paroles, auto-rééducation, auto-massages.
Catherine Foulsham. Source : CHU de Saint-Etienne